Le blog Alietis

  • Accueil
    Accueil C'est ici que vous pouvez trouver tous les articles posté sur le site.
  • Catégories
    Catégories Affiche la liste des catégories de ce blog.
  • Mots clés
    Mots clés Affichez une liste de tags qui ont été utilisés dans ce blog
  • Blogueurs
    Blogueurs Rechercher votre blogueur favori de ce site.
  • Équipe de blogueurs
    Équipe de blogueurs Trouvez vos équipes favorites de blogueurs ici.
  • Connexion
    Identification Formulaire d'identification

Le travail collaboratif, un outil de développement personnel ?

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 1916

Je me souviens encore à quel point j’ai pu être fière quand j’étais petite, et puis bien des années plus tard, de m’être débrouillée seule et d’avoir ainsi réussi à faire face à une situation que je jugeais difficile. Je me rappelle aussi que cette même fierté qui m’avait fait me redresser a souvent été  accompagnée d’une grande tristesse, celle de m’être sentie si seule pour accomplir cet exploit. Voilà là un grand paradoxe. Félicitée, je ne m’en sentais pas moins abandonnée. J’avais bien été, comme tant d’autres, incitée à être forte, à trouver les ressources en moi, à ne dépendre de personne car ce n’est qu’ainsi, avais-je compris, que je pourrais avancer dans ma vie. En est-il vraiment ainsi ? Etre forte dans ce sens là, est-ce vraiment là la condition de la réussite, de l’épanouissement ? Je n’en suis aujourd’hui plus du tout convaincue. A l’aube de mes quarante ans, en posant un regard sur ces années passées, je ne peux que constater, que, au contraire, la véritable force plonge ses racines dans l’acceptation de sa propre fragilité. 

Accepter sa propre fragilité, c’est accueillir les peurs fondamentales qui habitent chacun d’entre nous, les reconnaître, les regarder avec bienveillance et les traverser. Refuser de les voir et des les prendre en considération revient à leur laisser les rênes de la vie. Au fondement même des comportements, elles déterminent, notre positionnement dans la vie, en particulier vis-à-vis des autres et induisent une posture dans laquelle elles enferment. Comme une ritournelle : « Habité par la peur d’être dominé (ou peur de dominer), bourreau tu deviendras. Si tu as peur de n’être rien (ou peur d’être tout), en victime tu te transformeras.  Peur de ne pas être aimé (ou peur d’être étouffé) fera de toi un sauveur patenté. Bourreau, victime, sauveur, qui des trois pourra se libérer ? Aucun, bien sûr, ils se tiennent tous par le bout du nez ! »

Aucun ? A moins que… A moins que l’un d’entre eux décide, à un moment, de briser ce triangle infernal et d’accepter d’être lui-même, dans toutes ses dimensions, y compris dans son intime fragilité. C’est là que se trouve l’enjeu de toute interactivité avec autrui. Que serait le bourreau et le sauveur sans victime ? Que serait le sauveur sans victime ? Alors, que faire ? Rester emprisonné dans ce jeu à trois et continuer à projeter sur l’autre, sous un mode ou un autre, tout ce que l’on ne peut accepter de soi ? Cela est synonyme de violence. Ou bien se regarder et s’accepter tel que l’on est et profiter de chaque situation pour en savoir un peu plus sur soi, décrypter ses propres mécanismes et se connecter ainsi avec sa puissance intérieure ? Cela ne ressemble-t-il pas à une voie vers la libération ?

C’est tout cela qui s’exprime, se tend et se joue dans les relations entre personnes, que ce soit dans un couple, dans un groupe de travail ou tout autre contexte. Ce sont ces mécanismes que l’on retrouve derrière le fameux PFH (« Putain de facteur humain ») de Pierre Rabhi, capable de faire échouer les plus belles des idées mais aussi germe du Précieux Facteur Humain. Alors, comment faire ?

S’il existait une recette miracle, cela se saurait. Voila bien un domaine où il faut restait humble. Ce ne sont donc que quelques pistes qui seront livrées ci-après. Elles ont, cependant, fait l’objet de multiples expériences et semblent constituer, à ce jour, de précieux enseignements pour favoriser le travail de groupe, quelle qu’en soit la nature.

Puisque, pour résumer ce qui a été posé ci-dessus, la violence, quelle qu’en soit la forme, prend racine dans les peurs fondamentales, la première chose à faire pour créer les conditions pour des échanges sains, est de créer un cadre de sécurité. Un cadre de fonctionnement dans lequel les conditions de sécurité sont posées pour répondre aux besoins de chacun : avoir le temps de s’exprimer, ne pas être coupé, avoir l’assurance de la confidentialité des échanges, parler vrai, oser dire les choses, même maladroitement… Voila quelques exemples de ce qui pourrait constituer une charte relationnelle régissant les discussions et échanges au sein du groupe concerné. Chacun ayant contribué à son élaboration en est aussi le garant. Cependant, la sécurité s’en trouve augmentée si une personne se porte garante de l’application de ces règles et est mandatée par le groupe pour le faire. C’est un des rôles de celui que l’on nomme facilitateur. Par sa posture de neutralité, il se pose en gardien du processus et des règles.

La charte relationnelle ne suffit pas à faire avancer le groupe sur son chemin car, au final, vers quoi avancer ? Le deuxième élément structurant est donc la raison d’être de ce groupe. Pourquoi ce groupe existe-t-il ? Si l’on parle de coopération, c’est bien qu’il y a quelque chose à faire. Un groupe peut se réunir pour le plaisir de se réunir mais on ne peut, dans ce cas, parler de coopération. Ainsi, le groupe doit se mettre à la recherche de la raison d’être au service de laquelle il décide de se mettre. Car c’est bien de cela dont il s’agit. C’est un changement de posture fondamental. Il n’est pas questions de se faire plaisir en venant chercher quelque chose pour soi au sein d’un groupe et ainsi de projeter sur tout ce groupe ses propres attentes, non ! Il est plutôt question de se mettre au service de quelque chose de transcendant qui a besoin de l’énergie  de chacun et de tous pour être réalisé. C’est ainsi que l’on en tirera la plus grande satisfaction. La raison d’être doit correspondre à un réel besoin et peut s’affiner au fil du temps. Une des façons de la découvrir est de s’interroger sur ce que l’objectif poursuivi apporte au monde et ce qui manquerait à ce dernier si le groupe n’existait pas. 

Enfin, il convient d’organiser le travail. Soyons pragmatiques ! Ce n’est pas au sein des espaces de réunion que les projets avancent, c’est en dehors. Les différents espaces de réunion sont là pour structurer le travail, définir les priorités, débloquer des situations mais le plus gros du travail se fait en dehors. Pourquoi parler de différents espaces de réunion ? Parce que la dynamique d’une réunion opérationnelle n’est pas celle d’une réunion de gouvernance (qui définit le mode le fonctionner ensemble) et encore moins celle d’une réunion stratégique. Il est donc fondamentale de bien distinguer ces différents espaces. La réunion opérationnelle est courte, fréquente, on y débloque des situations. La réunion de gouvernance a vocation à faire évoluer l’organisation et à ériger de nouveaux processus et règles, elle est moins fréquente que la réunion opérationnelle. La réunion stratégique a pour objectif d’affiner la raison d’être et de définir les priorités. Et puis, pour avancer dans le travail en dehors des espaces de réunion, il faut s’assurer que tous les rôles nécessaires pour aller dans le sens de cette raison d’être sont attribués. Attribuer un rôle à quelqu’un, c’est lui donner tous les pouvoirs de décisions liés à ce même rôle, dans la limite des règles qui ont été fixées en réunion de gouvernance.  Il s’agit ainsi de s’extirper de la tyrannie du consensus. Ceci n’est possible que si le groupe a confiance en sa capacité de gérer les tensions qui se présentent en son sein.

Coopérer, c’est donc, d’une certaine manière, sortir de soi pour mieux se retrouver. Nul besoin de préciser que rien de cela ne se réalise par simple proclamation. L’interaction avec autrui génère des situations tantôt agréables, parfois inconfortables. Chacune d’entre elle est l’occasion d’avancer à tel point que l’on pourrait aller jusqu’à dire que, au final, tout ce qui se présente est juste parfait pour peu que l’on sache en tirer les enseignements. Analyser ce qui présente au prisme du triangle infernal permet de se reconnecter à son for intérieur et amène à sortir, peu à peu, de la violence induite par l’enfermement dans l’une ou l’autre de ces postures. Faire ce travail, c’est contribuer à la paix. Comme l’écrivait si joliment Khalil Gibran dans Le Prophète : « Lorsque vous travaillez avec amour, vous resserrez vos liens avec vous-même, avec autrui et avec Dieu ».

Céline Poret est praticienne en Gouvernance Intégrale et facilitatrice de forum ouvert.  Elle intervient dans divers types d’environnements (entreprises,  collectivités, territoires, associations,…) pour faciliter le travail collaboratif et favoriser l’émergence de l’intelligence collective. Pour plus de renseignements sur ces pratiques, n’hésitez pas à consulter les sites suivants :

http://sociocratie.unblog.fr/institut-de-la-gouvernance-et-du-tutoring-integral/

http://www.dianegibeault.com/OS_Intro_F.htm

 

http://www.holacracy.org/

 

Catégories

Archives

janvier
février
mars
avril
mai
juillet
août
septembre
octobre
novembre
décembre